J’ai souvent l’impression de répéter les mêmes choses au cours des différents projets et formations, quand il s’agit d’expliquer les meilleures pratiques d’écriture et de création de contenus pour le web. Voici donc une liste consignée par écrit, et qui ira en s’étoffant, de tous les conseils classiques et reconnus sur comment créer des contenus optimisés pour les internautes et les moteurs de recherche.
Comment lit-on sur internet ?
On ne lit pas !
“On ne lit pas“: c’est la célèbre réponse de Jakob Nielsen à cette question. Sur le web, on parcourt, on scanne, on lit “en diagonale” à la recherche de l’information intéressante. On ne lit presque jamais mot à mot comme lorsqu’on lit un livre.
NB: Ceci est encore plus vrai des newsletters par email (cf Nielsen 2006).
Conséquences pour la création de contenus web
Il faut produire des contenus faciles à scanner. Il faut mettre en place des stratégies de mise en relief des éléments pertinents, afin de capter la bienveillante attention des utilisateurs.
Ce qui implique d’utiliser les procédés suivants :
- Mettre l’information la plus importante en premier. C’est ce qu’on appelle la pyramide inversée, bien connue des journalistes: on commence par la conclusion, on va du plus important au plus détaillé. Ceci est vrai pour l’ensemble du texte, mais aussi pour chacun des paragraphes, et pour chacune des phrases.
- Écrire court:
- Un texte écrit sur le web doit contenir deux fois moins de mots qu’un texte imprimé;
- On utilise des phrases courtes;
- Entre deux expressions, on choisit toujours la plus courte, la plus simple, celle qui demandera le moins de réflexion au visiteur;
- Écrire simple. Utiliser des mots de tous les jours, les mots que les gens utilisent, et pas de jargon ni d’acronymes non expliqués;
- Hiérarchiser le texte de manière visible: avec des titres, des intertitres, et des paragraphes;
- Utiliser des titres qui se comprennent facilement. En privilégiant l’information sur le “bon mot” ou le trait d’esprit (les deux ensemble c’est le rêve, mais s’il faut choisir, choisissez l’information);
- Mettre une idée par paragraphe (parce que la deuxième ne sera le plus souvent pas lue);
- Mettre les mots-clefs du texte en valeur (gras, italique, liens hypertextes), pour créer du relief;
- Utiliser des listes à puces chaque fois que c’est possible. Les listes à puces sont ce qu’il y a de plus facile à scanner;
- Utiliser des images qui servent le sens. Les images sont ce que les utilisateurs regardent en premier, et permettent de plus vite faire passer le message qu’une phrase. NB: Le texte placé en légende d’une image est en bonne place pour être lu.
Créer les conditions de la confiance de l’utilisateur
Beaucoup de bêtises, de faussetés, d’inepties ou de complets mensonges traînent sur le Net. Tout site est constamment soumis à un jugement de crédibilité de la part de ses visiteurs : est-ce vrai ? Est-ce sérieux ? Est-ce digne de mon temps et de mon intérêt ?
Et pour cause : on ne sait pas bien qui parle, ni d’où il parle.
Construire l’autorité, établir la relation
Gagner la confiance et le respect de ses visiteurs est certainement une alchimie subtile, mais peut assurément s’aider des bonnes pratiques suivantes:
- Bien écrire. C’est-à-dire écrire correctement, sans fautes d’orthographe ou de grammaire. On n’y pense pas quand le texte est correct, mais on remarque immédiatement l’erreur dès qu’elle surgit.
- Bien écrire. C’est-à-dire nouer une conversation avec ses lecteurs. L’écriture sur le web est un style à contraintes, mais qui ne doit pas pour autant manquer de style.
- Adapter le style au public. Selon la nature de la communication (blog, site institutionnel, site marchand, etc), cela peut signifier différentes choses. On n’utilise pas le même registre selon que l’on s’adresse à un chef d’entreprise ou à un élève de 6ème.
- Respecter une charte éditoriale et graphique dans tout le site web. La régularité harmonieuse d’une charte éditoriale, où de page en page, les titres et les paragraphes sont toujours de mêmes tailles, couleurs et polices de caractères; où les images respectent un même format; où les mêmes conventions stylistiques s’appliquent; etc, joue beaucoup dans l’impression de sérieux et de respectabilité d’un site internet. C’est quelque chose qui est même perçu avant de lire le contenu.
- Citer ses sources. Pour cela, l’outil de base du site internet : le lien hypertexte. Donner ses sources, c’est donner au visiteur un fort indice de crédibilité. C’est le signe d’un contenu documenté, d’une référence digne de foi. On conseille cela dit de ne pas trop multiplier les liens dans le texte et de les réunir au bas de la page pour ne pas trop distraire l’utilisateur.
Donner des informations
- Les utilisateurs cherchent des informations. Et pas du blabla ! Les études de Nielsen ont montré que le style promotionnel, le blabla commercial (“un séjour enchanteur“, “un produit exceptionnel”, “une offre incomparable qui vous séduira…“), bref les discours chargé de superlatifs et autres adjectifs évaluatifs gênent les utilisateurs comme un bruit.
- Les liens hypertextes doivent aussi être informatifs. C’est-à-dire le contraire du caricatural “cliquez ici“, dont on ne sait pas ce qu’il nous réserve. L’utilisateur doit toujours savoir ce qui va se produire une fois qu’il aura cliqué sur le lien.
Sources et ressources
- www.useit.com (en anglais): Le site de Jakob Nielsen;
- www.ecrirepourleweb.com : Stratégie éditoriale et ergonomie des contenus;
- Le blog Plume interactive;
- 10 points-clefs pour écrire un article sur le web, par Sébastien Bailly;
- Le site Quality Web Content (en anglais);
- Plus orienté sur le référencement, dont c’est d’ailleurs le site de référence (sans jeu de mot) français : le site Abondance d’Olivier Andrieu.